[Opinion]: Je suis un garçon dans une famille Burkinabè


Je suis un garçon dans une famille Burkinabè .

Comme de nombreux garçons ou devrais-je dire, comme quasiment comme tous les garçons Burkinabè je suis un privilégié de la société, je suis le chef, je suis le décisionnaire, je suis celui qui a le bon rôle.

Je suis ce garçon qui a tous les honneurs au Burkina. Je suis garçon sur qui on mise tous les espoirs, celui qui gardera sa place à l’école à la place de sa sœur en cas de choix obligatoire. Suis-je celui qui a le plus apte à réussir dans le milieu scolaire? Ma sœur n’aurait elle pas plus de chance?

Je suis également ce garçon qui aura droit à une jeunesse plus ou moins calme, quand ma jeune sœur devra faire le bonheur de ce vieil homme à l’heure de l’adolescence!

Tu penses que ma vie de jeune garçon est juste faite d’avantages? Non, lis la suite, j’ai encore des choses à te dire, et c’est moins sympa…

Tu connais la déscolarisation? J’ai très souvent mon avenir scolaire bazardé par manque de moyen de la famille, je dois participer à l’émancipation financière de ma famille, faire ces petits boulots pénible et qui m’empêchent de me developer, et qui hypothèque mon avenir, je serai condamné à vivre de ces petits boulots, mais également à fonder une famille qui reposera entièrement sur mes épaules, et je n’aurai pas le choix. Je n’aurai pas le choix car passer un certain âge je devrais fonder cette famille sinon mes parents me promettra une femme qu’ils auront choisi pour moi, que je l’aime ou pas, que je la supporte ou pas.

Dans ma famille je suis celui sur qui l’avenir de la famille repose. Et quand je parle de famille je ne parle pas que de famille nucléaire. Étant donné que je suis aussi l’enfant du voisin, ma réussite est la sienne, il devrait donc jouir de cet réussite, pourquoi tout ça sur mes épaules?

Je suis aussi ce garçon qui, en guise de formation religieuse doit, tous les jours, faire la
manche à tel ou tel feux de signalisation ou carrefour avec une obligation de résultat, rapporter le fruit de ma journée à ce soit disant formateur à qui j’ai été confié. Ma formation passe t’elle obligatoirement par une mise en danger de ma vie? Par m’exposer à tous les dangers de la circulation et aux mauvaises intentions de certaines personnes?

Ce jeune homme devra souvent, au péril de sa vie, prendre la route, mon indépendance et mon courage, poussé par la société, à risquer ma vie pour rejoindre ces pays où l’herbe est plus verte. Évidement je devrais envoyer régulièrement des finances à ma famille.

En écrivant ce texte, j’ai eu du mal. J’ai eu du mal car aucune réflexion n’est menée sur la condition du garçon au Burkina: sur sa condition de privilégier, mais aussi sur la dureté de la jeunesse et de l’adolescence dans notre beau pays. Mais j’ai aussi eu mal, j’ai eu mal car je me suis encore plus rendu compte de la différence de traitement en fonction du sexe de l’enfant.

OUEDRAOGO Bachir

#Miirya #Burkina #CULTIVONSNOTREJARDIN

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