[Fiche de lecture]: Une saison blanche et sèche d’André Brink


Titre du livre : Une saison blanche et sèche

Auteur : André Brink 

Informations générales (Pays, Éditeurs, date de publication) : France, Le Livre de Poche (12 mai 1982), 

Collection : Littérature & Documents 404 pages

L’auteur :​

André Brink est un professeur d’université, romancier et essayiste Sud-Africain qui est cité comme l’un de ceux ayant le plus documenter l’Apartheid. Descendant de Boers, il naît dans une famille afrikaner de classe moyenne. Son principal domaine d’étude est la littérature. Sa formation lui fera découvrir de nombreux horizons. En effet, il se spécialisera dans l’approche comparée de la littérature Afrikaner, Hollandaise, Anglaise et française. Il est aussi connu comme étant le traducteur de grandes œuvres dont celles de Saint Exupéry, Shakespeare, Cervantès et Albert Camus.

Lors d’un séjour estudiantin, en France il est frappé par le traitement relativement plus convenable réservé aux étudiants noirs qui partageaient l’espace public avec des citoyens blancs de peau. Ce fut un choc qui alimenta sa révolte à l’encontre du système ségrégationniste en place dans son pays d’origine. Ces écrits l’ont souvent contraint à l’exil, ce qui le conforta dans son militantisme universitaire. 

Le genre : roman

Le cadre :

La première édition de cet ouvrage paraît en 1980 soit 4 années après le massacre des étudiants de Soweto dont il est fait cas de la livre. Des massacres emblématiques de ce genre n’étaient pas chose rare dans un système inique institué depuis le XVIIe siècle. Apartheid est un mot issu de la langue afrikaans signifiant « mis à part ». Le régime de l’Apartheid peut se définir comme étant une politique de séparation de l’espace qu’il soit privé ou public. Cela n’est pas sans rappeler la protection du fameux « espace vital » prôné par les nazis. Ainsi durant cette période de plusieurs siècles, l’espace vital de la population afrikaner blanche devait être préservé à tout prix à travers une division des structures. Écoles, hôtels, restaurants, quartiers, salons de coiffures, parcs et toilettes publiques etc. Toutes ces infrastructures étaient étiquetées : pour blancs ou pour noirs. 

Ce système était un tel prodige de racisme qu’il a fortement inspiré celui mis en place aux États- Unis d’Amérique après l’abolition de la traite nègrière puis de l’esclavage. La période d’écriture de se roman coïncide également avec celle de la lutte acharnée menée par les militants anti apartheid tels que Walter Sisulu, Olivier Tambo, Joe Slovo, Winnie Mandela, Desmond Tutu, Cheryl Carolus, Steeve Biko, Miriam Makebaet Nelson Mandela. 

Une saison blanche et sèche est donc une œuvre de résistance ayant participer à la mise à mort d’une injustice séculaire. Cet ouvrage fut par la suite adapté au cinéma par la réalisatrice Euzhan Placy. 

Les personnages principaux :- Ben du Toit et sa famille : professeur afrikaner – Gordon : le jardinier noir du lycée où travail Ben- Emily : l’épouse de Gordon- Les fils de Gordon et Emily – Stanley : ami de la famille de Gordon- Mélanie : journaliste travaillant dans un éditorial indépendant – Le père de Mélanie  

Résumé :

Ben du Toit est un homme respectable, issue d’une famille modeste il a su s’imposer socialement par son travail. Sa femme Suzanne est une femme d’intérieur plutôt bourgeoise.Leur vie de couple est une routine affligeante. Ben se lia d’amitié avec Gordon Ngubene le jardiner sympathique du lycée. Si Gordon s’accommode bien de sa position de gentil jardinier noir, ce n’est pas le cas de ses fils qui ont la révolte dans le sang. Son fils aîné le brillant Jonathan a d’ailleurs participer aux manifestations de Soweto et en paie le prix. Gordon sollicite Ben afin de réduire la violence policière et judiciaire qui s’abattent sur son fils afin que justice soit rendue. Ben découvrira peu à peu un monde si près de lui mais qu’il avait toujours ignoré, celui des citoyens de seconde zone,ces mal aimés de la République parqués dans les ghettos de la ville. De ce fait il ne puis plus garder le silence  face à cette situation. 

Citations :

« Et puis une chose infime se produisait et nous découvrions subitement que nous étions des étrangers» .

« Il n’existe que deux espèces de folies contre lesquelles on doit se protéger. L’une est la croyance selon laquelle nous pouvons tout faire. L’autre celle selon laquelle nous ne pouvons rien faire ». 

Thèmes principalement abordés et appréciation personnelle :

De nombreux thèmes sont abordés dans cet ouvrage, mais le sujet central est indubitablement l’inégalité de traitement entre les citoyens blancs et noirs en Afrique du Sud. L’auteur dépeint ses situations avec brio en effectuant un parallèle saisissant entre la famille de Ben et celle de Gordon. Ces deux personnages appartiennent à la même tranche d’âge. Citoyens du même pays, ils vivent des réalités différentes. On est pris d’un fou rire aux apparitions de Stanley le chauffeur de taxi qui fait vivre à Ben une sorte de ségrégation inversée de telle sorte que ce dernier s’irrite à chaque fois que l’on le surnomme le blanc ou lanny.

Le choix du personnage principal est aussi original car il permet de voir l’apartheid à travers les yeux  d’un citoyen qui ne le vit pas personnellement mais qui se rend compte peu à peu qu’il a été le complice silencieux d’un système pernicieux, vicieux, abusif et homicide. Comme pour souligner le fait que l’histoire de Gordon et de sa famille ne leur appartenait même pas, c’est Ben, une tiers partie sortie de nulle part qui devient le symbole de cette quête de justice. En s’exposant et en exposant sa famille, Ben devient le symbole d’un humanisme de terrain s’opposant au bienséant humanisme de salon.

Les violences policières aux États Unis ou encore les nombreuses maltraitances toujours subies par de nombreux fermiers sud-africains noirs bien que déplorables subsistent toujours. 

Il serait peut-être temps de redécouvrir l’œuvre d’André Brink afin d’éviter que les mêmes horreurs ne se reproduisent car l’auteur en guise de conclusion écrit ces mots « Raconter ce que je sais. Pour qu’il ne soit plus possible de dire encore une fois : je ne savais pas» .

Autres œuvres du même auteur.

– L’ambassadeur 1964

– Au plus noir de la nuit 1973

– Un instant dans le vent 1976

– Les Droits du Désir 2000

– Mes bifurcations 2007 

                                                                                                      Ophelie KONSIMBO

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