[Billet]: Formaliser les activités informelles sans les déformées

Qu’est-ce qui constitue le secteur informel ?

C’est tout le contraire de ce qui est formel. Vous direz que cette définition est tellement évidente qu’elle est quelque peu inutile.

C’est justement dans cette évidence que réside le problème.

Je vous demande de visualiser cette vendeuse d’orange que vous appelez et qui traverse la rue son panier sur la tête, ou encore ce petit cireur à la sauvette qui nettoie vos chaussures lorsque vous êtes assis entre amis au bar. Vous achetez souvent du crédit téléphonique n’est-ce pas ? ce vendeur de crédit est-il souvent posté au bord de la route ?

Est-il parfois assis près d’un tablier sur lequel se trouve les bonbons et les chewing-gum que vous avez toujours en bouche ?

Un autre bel exemple est celui de la vendeuse de beignet ou de sandwich du quartier, vous savez le rendez-vous du matin avant d’aller à l’école ou celui du soir lorsque l’on a une petite faim.

Si vous vous retrouvez dans l’une des situations décrite plus haut, cela veut dire que vous connaissez parfaitement et sur le bout des doigts le secteur informel.

Maintenant je vous demande de définir ce que sont des activités informelles. Pour ma part je ne peux pas le faire car voilà le problème : ces activités n’ont pas de formes. C’est la raison pour laquelle nous en avons une connaissance instinctive qui ne vas pas au-delà de ce que l’on perçoit immédiatement.

Mais qu’est-ce qu’il y a de mal à ça ? me direz-vous

Et bien beaucoup de choses. Il y a tout d’abord les conditions de travail pénibles et non encadrées. Combien d’heures de travail ? qui protège contre les agressions et les abus ? qui est le patron ? Qu’est ce qu’il exige de l’employé. On ne sait pas puisqu’il n’y a pas de forme.

Le deuxième point négatif est que des métiers qui auraient dû constituer de réelles opportunités de carrières et de développement sont négligées.

Je vous mets au défi de me citer une école d’art contemporain et d’artisanat au Burkina Faso (en dehors des formations dispensées par la chambre des métiers de l’art et de l’artisanat).

Je vous donne un autre exemple plus parlant parce qu’il concerne quelque chose que nous faisons plusieurs fois par jours et qui nous maintient en vie : manger.

Qu’entendez-vous par gastronomie ? le Burkina Faso as-t-il une identité et des codes gastronomiques propres ? Les cuisinières font un travail exceptionnel et les nombreux plats du terroir sont connus de tous. Seulement citez-moi un restaurant où l’on sert les mets originaires des 45 provinces et des 13 régions du Burkina. Ou encore une école qui les enseigne.

Une structure permettrait de mettre à profit et de parfaire le savoir-faire de ces praticien(e)s et cuisiniers (ère)qui régalent nos palais tous les jours.

La pâtisserie, la danse, la musique

Combien de fois avez-vous entendu que ces professions que : « ne sont pas des vrais métiers » ?

Tous ces secteurs attendent d’être booster, rénover, reformés. Ils créeront des opportunités d’emplois et augmenteront considérablement la rémunération. Ces domaines délaissés deviendront de fait plus attractifs.  Oui parce que si l’on sait pertinemment qu’après avoir fait des études pour être menuisier ou spécialiste dans la vente de jus de fruits son salaire peut avoisiner celui d’un cadre supérieur, je pense que le regard que la société porte sur ces métiers changera.

Comme on peut le constater, pour exceller dans certains domaines, bon nombre de personnes vont se former ailleurs et y reste car c’est là-bas que leur travail est le plus valorisé. La formalisation n’est donc pas optionnelle, elle s’impose pour retenir les talents.

Tout cela sans parler de l’insécurité économique, des aléas de la sous traitance sans garantie de paiement (pour les revendeurs) et les taxes que toutes ses activités auraient pu générées afin de renflouer les caisses de l’état pour notre bien à tous. L’état, c’est nous mais les activités informelles placent l’état trop loin des citoyens de telle sorte que l’état, c’est tout sauf nous.

Selon un rapport de la BAD sur les perspectives économiques en Afrique, l’Afrique de l’Ouest enregistre 72-90% de travailleurs dans le secteur informel. En Guinée le taux est de 95%. Le Burkina Faso est entre 85-90% de travailleurs qui exercent dans l’informel. Ces situations précaires caractérisent disproportionnellement l’économie féminine.

Une ingérence trop forte de l’état pourrait poser problème limitant le choix, la créativité, la liberté d’entreprendre.

C’est pour cela qu’il nous faut penser à un moyen de formaliser les activités informelles sans les déformées.

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