[Fiche de lecture]: Cahier d’un retour au pays natal d’Aimé Césaire

Une fiche de lecture d’Ophelie Konsimbo

Titre du livre : Cahier d’un retour au pays natal

Auteure : Aimé Césaire 

Informations générales (Pays, Éditeurs, date de publication) :

Paris, Présence Africaine, 2e édition 1956 87 pages. 

L’auteur :​Né en 1913 à Basse-Pointe, Aimé David Césaire est un intellectuel devenu politicien. Après ses études primaires et secondaires en Martinique, il intègre le Lycée Louis-le-Grand en 1931 dans lequel il fera la connaissance d’un certain Léopold Sédar Senghor.

Aidé de ses compagnons de route Léon Gontran Damas, Guy Tirolien, Léopold Sédar Senghor et Birago Diop il fondera le journal l’Étudiant noir, journal à la ligne éditoriale anticolonialiste. C’est en partie grâce aux publications de cet éditorial qu’émerge le mouvement de la négritude s’inspirantlui-même du mouvement de la renaissance de Harlem.

La négritude désigne l’ensemble des caractéristiques et valeurs culturelles des peuples noirs, revendiquées comme leur étant propres, ainsi que l’appartenance à ces peuples. Ce concept a aussi été la ligne de mire de la revue présence africaine fondée par Alioune Diop, revue ayant fait paraître les classiques de la littérature des peuples africains et afro descendants. Galvanisés par les précurseurs de nombreux auteurs accomplirent un travail herculéen afin de redonner ses lettres de noblesse à la culture africaine. Ce sont entre autresAbdoulaye Sadji, Chinua Achebe, Mongo Béti, Ken Bugul, Cheikh Anta Diop, Amadou Hampaté Bâ, Nkwamé Nkrumah, Nazi Boni, Mariama Bâ, Wole Soninka, Jean Paul Sartre, Pablo Picasso.

Césaire, fidèle à lui-même demeurera jusqu’à son dernier souffle un serviteur du peuple et de l’humanisme. Il s’éteint le 9 Avril 2008 et sera inhumé sur sa terre natale. Suite à une pétition signée par de nombreuses personnalités en 2011, Aimé David Césaire fait une entrée symbolique au panthéon. Sa plaque apposée sur la crypte expose l’un de ses poèmes:

J’habite une blessure sacrée
J’habite des ancêtres imaginaires
J’habite un vouloir obscur
J’habite un long silence
J’habite une soif irrémédiable.

Le genre : poésie en prose 

Le cadre :

Cette œuvre est parue initialement en 1939.

La première guerre mondiale s’était terminée que la seconde s’amorçait déjà. Les colonies supportaient de moins en moins leur statut et malgré les aménagements graduels de la métropole, l’indépendance des anciens dominions était imminente. 

A l’issue de la guerre 39-45, les colonies intensifièrent leursrevendications si bien que tour à tour, à la suite du Ghana de Nkwamé Nkrumah les États africains aux frontières contestables naquirent.

Si l’acquisition de l’indépendance politique commençait à produire ses effets, la décolonisation des esprits était elle aussi une quête impérieuse.

Les intellectuels africains ont œuvré à cette émancipation des consciences et c’est dans ce cadre que Césaire nous offre son œuvre.  

Résumé :

Ce poème en prose est l’histoire d’un homme qui se cherche, celle d’un homme qui se découvre, d’un homme qui se trouve. C’est un poème, un long poème parlant de la terre mère, des origines, de l’humanisme avec lyrisme. 

Citations :

« Car il n’est point vrai que l’œuvre de l’homme est finie(…) il reste à l’homme à conquérir toute interdiction immobilisée au coin de sa ferveur

Et aucune race ne possède le monopole de la beauté de l’intelligence, de la force »

« Et je ris de mes anciennes imaginations puériles » 

Thèmes principalement abordés et appréciation personnelle : 

Cette œuvre est un classique et traverse les âges par son intemporalité. Ce qui frappe en premier lieu c’est le style de Césaire qui est insaisissable, indéfinissable, authentique et novateur selon le commentaire d’André Breton. L’œuvre n’est pas structurée et pour cause chaque vers porte en lui une structure, les pages sont un argumentaire et les figures de styles sont captivantes. 

Il nous plonge dans sa révolte, il nous partage ses peines, il nous transmet ses inquiétudes, il nous invite à l’action.

Les mots de Césaire nous transportent. Ils nous transportent en Martinique, en Afrique, en Europe, aux Amériques et en Asie et c’est bien là tout le génie de Césaire, nous faire découvrir qu’au-delà de nos particularités nous partageons la même humanité. 

L’œuvre Commence et se termine avec légèreté mais ne manquera pas de faire bouillonner nos sens et nos contresens. Il était foncièrement opposé à toute forme de guerre et pourtant ce que l’on peut retenir d’Aimé David Césaire c’est très certainement qu’il a fait la guerre aux maux du monde avec ses mots à lui.

Autres œuvres du même auteur- Discours sur le colonialisme, Présence Africaine 1950- La tragédie du Roi Christophe, Présence Africaine 1963- Et les chiens se taisent, Présence Africaine 1958- Toussaint Louverture, Présence Africaine 1962

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