[Édito-Mai: Photographie et Cinéma] par Hector-Victor Kabré

Pour l’édito du mois, Hector Victor Kabré, critique cinématographique, nous a exposé sa vision du cinéma Burkinabè.

La différence entre le cinéma d’avant et celui de maintenant ?

Du point de vue de la technique, le cinéma burkinabé est dominé par la vidéo car avec les nouvelles technologies de l’information, cela favorise la création de nouveaux effets spéciaux et améliore la qualité de l’image. C’est un cinéma qui se fait à moindre coût contrairement à celui des années post indépendance qui était un cinéma très coûteux.

Aussi, on remarque, du point de vue cinématographique, que l’utilisation du numérique a aussi joué un rôle sur la qualité de la créativité, car beaucoup de jeunes s’adonnent à la facilité, sans une grande maîtrise des codes cinématographiques. Ainsi, on a un cinéma dont le rendu n’est pas très élevé en terme de qualité de script et ne peut donc pas rivaliser à l’échelle internationale.

A l’époque, “les” Idrissa Ouedraogo et Gaston Kaboré utilisaient le 16mm. Pourtant aucun cinéaste de nos jours n’a leur renommé alors que nous sommes passé à un appareillage moins lourd, moins coûteux mais plus qualitatif.

Il existe aussi le cas des acteurs car nous avons des acteurs moins professionnels avec moins de têtes d’affiches, même si cela, nous devons travailler à le créer.

Nous sommes aussi dans une transmutation thématique des sujets car les productions cinématographiques post-indépendance s’inscrivent dans une thématique locale, qui n’est pas lié à la vie citadine mais plutôt au village avec des thèmes comme la sorcellerie, l’inceste et les chefferies traditionnelles. Aujourd’hui, nous avons un décor moderne qui domine le cinéma Burkinabé. La plupart des films se trouve dans un décor moderne et cela entraîne en même temps un changement génétique au niveau du sujet. Lorsqu’on parle de modernité, il y’a des thèmes comme la prostitution, la corruption, la politique, l’affairisme. Ce sont des aspects qu’on peut noter de façon générale.

Tout revient en somme sur l’effort de la créativité, l’endurance de l’apprentissage, beaucoup viennent au cinéma sans passer dans les écoles de cinéma, sans connaître les plans d’ensemble etc…
Dans tout sujet de film, si l’intentionnalité filmique, c’est à dire le discours et le message qu’on veut faire passer, n’est pas utilisé dans le contexte approprié, la consommation d’une œuvre peut laisser un goût de production non professionnelle et sans âme comme une vidéo d’une cérémonie de mariage faite à la va-vite. Alors on ne pourra pas atteindre un écho international favorable parce que le cinéma est un art et un art coûte.
#RadioMiirya #CapitalduCinema #BurkinaFaso #Ouagadougou #Mai2019

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Inscris-toi à notre Newsletter!

Nous te tiendrons informés de nos activités par email!

Un petit mail bien sympathique reprenant l'essentiel de nos activités.

Promis pas de spams! Tu recevras un mail environ tous les deux mois!

Nous aussi on n'aime pas se faire bourrer nos boites mails, donc on le fait avec modération!

PROMIS!!!

You have successfully subscribed to the newsletter

There was an error while trying to send your request. Please try again.

Miirya will use the information you provide on this form to be in touch with you and to provide updates and marketing.