[Fiche de lecture]: La saison de l’ombre de Léonora Miano

Titre du livre : La saison de l’ombre

Auteure : Léonora Miano

Informations générales (Pays, Éditeurs, date de publication) : France, GRASSETFAS, 28 août 2013

L’auteure : Elle n’est plus à présenter au grand public car elle est l’une des têtes de proue de la littérature Africano-Française. Née à Douala au Cameroun, elle émigrera en France où elle réside depuis 1991. Elle fera naître un genre particulier, une littérature charnière entre deux mondes. L’auteure s’inscrit dans un questionnement perpétuel. Questionnement sur l’Afrique d’un point de vue endogène. Mais aussi questionnement continue et sans tabous sur les relations entre l’occident et l’Afrique. Inspirée par de grands auteurs américains elle sera récipiendaires de prix prestigieux dont le prix Goncourt des lycéens pour son deuxième roman : Contour du jour qui vient. Elle reçoit le prix Femina pour la Saison de l’ombre dont il est question aujourd’hui.
Le genre : roman

Le cadre : L’auteure écrit sur une période longtemps jetée aux oubliettes : la période avant la traite nègrière. Le cadre temporel de l’auteure se situe à l’époque des grandes civilisations et des petits groupements et sociétés (vraisemblablement en Afrique centrale). Au titre de ces civilisation d’Afrique subsaharienne ayant existé avant l’arrivée des esclavagistes européens on peut citer : la civilisation Sao, le Royaume du Kanem Bornou, le Royaume du Kongo, le Royaume Ndongo. Pour pallier à ce manque d’écrits sur cette période, l’UNESCO dirigée à l’époque par Amadou Mahtar M’Bow fit appel à de nombreux scientifiques africains (Joseph Ki-Zerbo et Cheikh Anta Diop entre autres) afin de rédiger une série de 8 ouvrages intitulés : Histoire générale de l’Afrique. Ces ouvrages traitent de l’histoire de l’Afrique depuis l’apparition de l’homme sur la terre jusqu’à l’époque actuelle. Un tel travail historique mentionne la période intermédiaire où l’Afrique est passée de libre à esclave, période précise dans laquelle se situe la rédaction de l’ouvrage de Léonora Miano.

Les personnages principaux :

Ebeise : la matrone siégeant au conseil des sages et gardienne des rites ancestraux Eyabe, Ebusi : mère et sœur éplorées Mukano : chef du clan Mutango : demi-frère de Mukano. La relation entre les deux personnages est teintée d’animosité
Musima : fils du ministre du culte

Résumé : Les Mulongo constituent une société vivant en autarcie sur un territoire enclavé. Ils entretiennent des relations commerciales avec leurs voisins les Bwelé qui sont plus proches de la mer. Lors d’un incendie, un malencontreux évènement bouleverse la société des Mulungo. Ont-ils offensé les ancêtres ? les sacrifices furent-ils mal faits ? quelle est cette ombre qui plane sur le clan et qui fauche les guerriers les plus valeureux ?

Citations : « Je suis parce que nous sommes » « Sachons accueillir le jour lorsqu’il se présente. La nuit aussi »

Thèmes principalement abordés et appréciation personnelle :

A mon humble avis, thème principal que l’auteure a voulu traiter n’est pas la traite négrière mais l’univers avant cette période. L’intrigue tourne autour de l’esclavage mais le roman lui même est une ode à une civilisation constituée, organisée fonctionnant selon des principes établis. Une société en mouvement, une société active. Ce roman est l’histoire de ces nombreuses familles vivant souvent en harmonie et souvent en disharmonie. C’est là le génie de l’auteure qui arrive à expliquer avec légèreté une thématique lourde. Selon l’auteure (dans une interview sur la présentation du livre sur demande de la maison d’édition), la traite négrière est un sujet dont « on ne parle pas ». Moi je dirai que ces dernières années le sujet s’est peu à peu étendu à la sphère publique avec des ouvrages comme L’esclavage raconté à ma fille de Christiane Taubira. Je dirai même que le thème est abordé dans la littérature avec Le monde s’effondre de Chinua Achebe même si ce livre traite plus du passage de l’esclavage à la colonisation que de la traite nègrière. Il y’a aussi chez Léonora Miano cette envie de véhiculer ce message d’effondrement et de perte de repères. Le fameux Roots de Alex Haley (où s’illustre le personnage de Kunta Kinté) traite aussi de cette thématique même si le récit se déroule aux Amériques lorsque celui de Miano se déroule en Afrique. Je dirai que l’habileté de l’auteure réside dans son travail de synthèse personnalisé qu’elle arrive à restituer en ces propres mots. Une chose est sûre, même si la traite nègrière ne peux plus être occultée, je dirai qu’elle est abordée superficiellement. C’est en cela que ce livre est d’une grande importance car il vient apporter de la profondeur aux discours creux.

Pour finir dans le titre, il y’a une possible analogie au livre : Une saison Blanche et Sèche de André Brink, qui est un livre d’un tout autre registre mais qui témoigne aussi d’une période remplie de noirceur et de peur.

Autres œuvres de la même auteure.

  • L’intérieur de la nuit 2005
  • Contours du jour qui vient 2006
  • Tels des astres éteints 2008
  • Blues pour Elise 2010
  • Ces âmes chagrines 2011
  • Marianne et le garçon noir 2017

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Inscris-toi à notre Newsletter!

Nous te tiendrons informés de nos activités par email!

Un petit mail bien sympathique reprenant l'essentiel de nos activités.

Promis pas de spams! Tu recevras un mail environ tous les deux mois!

Nous aussi on n'aime pas se faire bourrer nos boites mails, donc on le fait avec modération!

PROMIS!!!

You have successfully subscribed to the newsletter

There was an error while trying to send your request. Please try again.

Miirya will use the information you provide on this form to be in touch with you and to provide updates and marketing.