[Note de lecture]: Le parachutage de Norbert Zongo

Fiche de lecture d’Ophelie Konsimbo

Titre du livre : Le parachutage

Auteur : Norbert Zongo

Informations générales : (Pays, Éditeurs, date de publication) : Burkina Faso, Maison L’Harmattan, Novembre 2006 162 pages.

L’auteur :  Norbert Zongo est un personnage public que l’on ne présente plus au Burkina Faso. Il naît à Koudougou en 1949. Sa formation initiale est celle d’enseignant, il la pratiquera (à Pô puis à Ouagadougou) jusqu’à ce qu’il soit pris par la fièvre du journalisme. Il travaillera au sein de l’ancien journal étatique Sidwaya (que l’on peut traduire par : la gazette de la vérité) puis au Carrefour africain. Afin d’obéir à sa propre ligne éditoriale, il crée le quotidien l’Indépendant dans lequel il se fait très critique des tenants du pouvoir en place. Norbert Zongo est connu pour son engagement, sa plume acerbe et malheureusement pour les circonstances obscures qui entourent sa mort.

Comme dit plus haut, monsieur Zongo est un critique politique et cela se ressentait  sur ses productions journalistiques. Un dossier en particulier attira son attention, celui de la torture et de la mort mystérieuses de David Ouédraogo, chauffeur au service de François Compaoré (frère cadet de l’ancien président du Burkina Faso). Norbert Zongo investiguera sur l’affaire et son dossier d’investigation désignait comme coupables le cadet du président ainsi que d’autres personnalités et hommes d’affaires influents.

Ses recherches prennent fin le 13 décembre 1998 au bord de l’autoroute numéro 6 entre Ouagadougou et Léo où il périt avec 3 de ses compagnons de route des suites d’une explosion. Cette affaire est l’une des plus tumultueuse qu’ai connu la justice burkinabè et est aujourd’hui encore à l’origine de manifestations sociales et de dénonciations artistiques. L’affaire est par ailleurs rouverte depuis 2014.

Le genre : roman

Le cadre : Il s’agit d’un roman fictif qui pourrait se glisser entre le satyre et la critique politique. L’œuvre fut certainement achevée après l’assassinat du président Thomas Sankara et la prise de pouvoir du président Blaise Compaoré. Cette période est caractérisée par une intelligentsia critique vis-à-vis du pouvoir jugé népotiste et corrompu.

Les personnages principaux :

  • Gouama : le guide éclairé, père fondateur de la République
  • Son intendant

Tous les membres de la sphère politique pour la plupart appartenant au corps armé

Résumé : Le père fondateur de la Nation l’avait promis, le peuple est enfin libre et indépendant. Pauvre, affamé, malade. Mais rien ne vaut la liberté surtout lorsqu’elle profite à une élite confortablement installée. Le président règne d’une main de fer et le peuple craintif l’acclame à toute ses sorties. La course vers les attributs du pouvoir politique peut s’avérer périlleuse, aussi dangereuse qu’un saut en parachute.

Citations :

« L’âge d’un homme digne de ce nom ne devrait pas se calculer en années mais en service rendus »

« La vie est courte, la vie des héros est encore plus courte » (dans le sens d’un combat).

Thèmes principalement abordés:

  • Les régimes totalitaires
  •  L’aspect versatile du pouvoir politique

Appréciation personnelle :

Cet ouvrage est incontournable au Burkina Faso et apparaît dans les programmes scolaires. Il appartient à la catégorie des écrits sous tendant le discours politique. La critique du pouvoir est un thème fréquemment abordé par les écrivains africains depuis l’accession à l’indépendance des anciennes colonies. Les similitudes sont grandes entre ce livre et celui d’Amadou Kourouma En attendant le vote des bêtes sauvages. Les thèmes qui m’ont le plus frappée sont ceux du parti unique et des conditions de détention des prisonniers au sens large et des prisonniers politiques plus particulièrement.

Cela va de soi, les régimes totalitaires vont de pair avec l’instauration d’un parti unique qui véhicule des valeurs imposées avec pour but d’établir l’ordre. De tels agissements ont pour effet de susciter une chasse aux opposants et aux dissidents qui voient leur vie menacée. Ces opposants sont souvent incarcérés et traités de façon inhumaine. C’est pour cela que certaines situations décrites par l’auteur rejoignent la réalité de nombreux témoignages. Le regretté Valère Somé dans son ouvrage Les nuits froides de décembre décrit avec précision la torture qu’il a subi et ses conditions de détentions qui ont détérioré à jamais sa santé physique et mentale. Les conditions actuelles ne sont guère meilleures c’est pour cela que le débat s’impose.

Autres œuvres du même auteur :

  • Rougbêinga

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